Chapitre 5 : BISKRA TUNIS
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OFF: À l’aube du XXe siècle, les océans et les mers étaient les obstacles naturels que les aviateurs voulaient à tout prix franchir, les déserts en sont d'autres tout aussi dangereux.
- IMAGE VOL25 juillet 1909 : Louis Bleriot réalise la première traversée de la Manche, en reliant Calais à Northfall Meadow en 38 minutes. C’est le grand tournant de l’aviation.
- IMAGE SAHARA ET CHAMEAUX : Dès la création de l'Aviation militaire (premier achat d'un avion en juillet 1909), son emploi au Sahara est envisagé sérieusement.
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OFF: Dès novembre 1911, un centre d’expérience coloniale d’aviation militaire est mis sur pied à Biskra pour étudier les problèmes posés par la pénétration saharienne.
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OFF: Une escadrille de 6 avions Henri Farman sera créée à Biskra, ouvrant la voie à la conquête aérienne du désert algérien, tunisien et marocain.
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OFF: La première mission de reconnaissance a lieu le 17 février 1912, de Biskra à Touggourt réalisée par les lieutenants Reimbert et Laffargue, ouvrant ainsi les portes du Sahara.
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OFF: Ici, les mécaniciens convoyeurs de la base de Biskra qui ont effectué le déplacement jusqu'à Tunis, parmi eux le futur constructeur d'avions français, Emile Dewoitine.
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OFF: Ce génie mécanique de l’escadrille de Biskra, construit en 1912 un étrange engin avec un moteur et des roues d’avion, dans le but d’assurer des liaisons rapides au Sahara. Nommer.
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OFF: Véhicule hybride entre l’auto et l’avion, l’aérosable. Parvient ainsi à franchir les dunes sans difficulté, un peu comme une sauterelle… qui lui donne d’ailleurs son surnom.
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OFF: Cet Aérosable parvient à relier Biskra à Touggourt et El-Oued en transportant le Général Gal Bailloud.
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OFF: Le 26 février 1913, quatre avions de l'escadrille, pilotés par les lieutenants Reimbert, Cheutin, Jolain et le maréchal des logis Hurars, accompagnés de leurs mécaniciens, décollent pour le raid Biskra-Tunis.
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OFF: C’est le premier vol international en Tunisie.
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OFF: Un circuit inédit nécessitant de nombreuses études et une laborieuse préparation. Comprenant un repérage des terrains de dégagement favorables.
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OFF: Voitures et chameaux précédent les avions pour convoyer le ravitaillement, l’eau et le carburant.
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Témoignage BOUALI : Cette route que les avions vont suivre en la survolant, est d’abord explorée en automobile par les lieutenants Reimbert et Cheutin. Ils rencontrent bien des obstacles, surtout l’absence de sentiers carrossables, de points d’atterrissage et de moyens de communication. À leur retour, ils font part à leur chef de l’impossibilité d’exécuter un vol. L’ordre est malgré tout donné et les solutions proposées se présentent ainsi : Le voyage sera assuré en trinôme afin que les aviateurs puissent se porter mutuellement assistance en cas d’incident. Il fallait par ailleurs quelqu’un pour lancer l’hélice du Gnôme. Le lieutenant Lafargue aura veillé à organiser l’envoi à dos de dromadaires des barils d’essence et d’huile de ricin dans les zones éloignées. Les pièces de rechange nécessaires pour un éventuel dépannage seront chargées en lots à bord.
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OFF: Le jour même, le 26 février 1913, le raid de Biskra composé de quatre avions qui décollent deux par deux et se posent à Tozeur après un vol de 260 km.
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OFF: Un des aviateurs réalise à Tozeur la première photo aérienne en Tunisie, le 27 février.
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OFF: L’escadrille rallie ensuite Gabès à 180 km.
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OFF: Le 28 février, puis Sfax (180 km). Sur cet itinéraire, le littoral tunisien servit d’aide à leur navigation aérienne.
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OFF: Le 1er mars, les 4 avions décollent de Sfax pour Tunis. La route fut balisée par les rails du chemin de fer. Selon les prévisions, cette étape devait être la partie la plus facile de la mission ; mais les intempéries qui sévissent au niveau de la ville romaine d’El Djem la transforment en véritable parcours du combattant. Les turbulences contraignent les aviateurs à atterrir à Sousse, Enfidha et Grombalia.
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Témoignage : BOUALI : Le quatrième avion du lieutenant Jolain, perdu, se rend à Henchir Zaâfrana, à 23 km de Kairouan, pour demander une aide logistique. Les villageois s’investissent spontanément dans la mission d’assurer la garde de ce fou volant sur sa drôle de machine ! Croyant à une plaisanterie, Jolain manifeste son intention de repartir, mais se heurte au veto inflexible du Cheikh de Henchir Zaâfrana. Une décharge du contrôleur civil de Kairouan le fait fléchir. Mais si le lieutenant accepte cette médiation, le Cheikh, lui, refuse l’invitation de monter à bord de l’avion pour aller à Kairouan. S’il avait eu le courage de le faire, il aurait été le premier Tunisien dans l’histoire à prendre place à bord d’un avion.
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OFF: Sur le cheval du Cheikh, le lieutenant Jolain galope ventre à terre jusqu’à Kairouan pour revenir aussitôt avec un ordre du contrôleur civil.
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OFF: Le 3 mars, 3 biplans de l’escadrille sont enfin réunis à Kassar Saïd, l’aérodrome de la banlieue ouest de Tunis.
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OFF: Le Farman, modèle HF 68 du maréchal des logis Hurard embarque avec lui le lieutenant Cheutin dont l’avion baptisé Alger est en réparation à Sousse. La veille a été rude, Hurard a dû décoller d’Enfidha. La force du vent l’ayant poussé sur Kairouan, c’est dans cette bourgade qu’il atterrit en catastrophe. Les 100 km séparant Enfidha de Tunis ayant été parcourus en deux heures. Arrivé à Tunis, le Farman HF est rapidement mis à l’abri dans un hangar afin de libérer la piste d’atterrissage pour le deuxième appareil, piloté par le lieutenant Reimbert.
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OFF: Après un vol de démonstration, le 14 mars sur l’itinéraire Tunis – Bizerte – Tunis, les équipages et leurs avions retournent en Algérie par chemin de fer.
CHAPITRE 10 : La liaison Tunis-Oujda-Tunis
Le raid Tunisie-Maroc
OFF À la suite du raid Biskra-Tunis, le général Pistor, commandant la division de Tunis, obtient en 1914 l’implantation d’une escadrille à Kassar-Saïd, commandée par Reimbert.
OFF Le capitaine Reimbert met sur pied un circuit de 3500 kilomètres de Tunis à Oujda, passant par El-Kef, Aïn-Beïda, M’Sila, Chellala, Le Kreider et El-Aricha. Le retour à Tunis est prévu par Tendara, Bou-Denib, Colomb-Béchar, Ain-Sefra, Geryville, Laghouat, Biskra, Tozeur et Sfax.
OFF Un convoi automobile, commandé par le lieutenant Jolain, part en précurseur pour assurer le ravitaillement et les dépannages de l'escadrille composée de cinq Farman 20 biplaces de 80 ch.
OFF Les cinq avions décollent de Kassar-Saïd le 6 mai 1914, emportant chacun trente kilos d'outillage, d'armes, de munitions et de provisions, et arrivent le jour même à Aïn-Beïda (287 km) après une escale technique à El-Kef.
Deuxième étape : Aïn Beïda-M’Sila (270 km)
OFF Le 7 mai 1914, malgré un vent incessant, l’escadrille reprend son vol pour une deuxième étape. Le maréchal des logis Benoît accompagne l’appareil d’Hurard. À 40 km de l’arrivée, le lieutenant Cheutin atterrit pour alléger son aéroplane en débarquant son mécanicien, car son moteur manque de puissance pour franchir une montagne de 1840 mètres d’altitude.
OFF Le 8 mai, la ville de Chellala (290 km) est atteinte. Pendant le repos de l’équipage, un orage suivi d’un cyclone s’abat sur la ville, déracinant poteaux télégraphiques et arbres. Les aviateurs maintiennent les avions au sol, mais ceux de Battini et Benoît sont emportés et détruits en quelques secondes.
OFF Le 11 mai, Cheutin, Ménard et Hur arrivent à Oujda. Les trois avions sont abrités dans le hangar du centre d’aviation de la ville. Les moteurs sont démontés et révisés. Pendant ce temps, Battini arrive avec un tracteur transportant un appareil de réserve, tandis que Benoît retourne à Tunis pour ramener un nouvel avion.
OFF Le 29 mai, après quelques vols au Maroc, l’escadrille entame le chemin du retour : Oujda-Tendara-Bou-Denib (420 km). Les avions, surchargés avec 310 kg au lieu des 275 kg recommandés, transportent des pièces de rechange, des outils, des armes et des provisions supplémentaires.
Étape : Oujda-Tendrara (220 km)
OFF L’escadrille arrive à Tendrara, village à 1400 m d’altitude, pour une escale technique. Lors du décollage, l’état du terrain et la surcharge endommagent les trains d’atterrissage des avions d’Hurard et Cheutin. Trois autres aviateurs renoncent au décollage. Des pigeons-voyageurs sont envoyés pour demander des pièces de rechange.
OFF Le 30 mai, après une étape Bou-Denib-Colomb-Béchar (160 km), l’escadrille atteint Béni-Ounif. Une tempête de sable contraint les aviateurs à rester au sol. Des tirailleurs sénégalais assurent leur assistance jour et nuit.
OFF Ain-Sefra n’est atteint que le 4 juin, et Géryville le 8 juin, avec quatre avions seulement. En raison des conditions météo et des dommages matériels, l’autorité décide de rapatrier les Farman à Tunis par chemin de fer.
Témoignage
Le 8 juin, face à un vent défavorable et des moteurs fatigués, les aviateurs changent d’itinéraire et prennent la direction de Batna pour regagner Tunis par les hauts plateaux. "Le Constantinois", piloté par Cheutin, est le seul avion à avoir parcouru tout le trajet, tandis que les deux autres ont été remplacés à Oujda.
OFF Pendant ce temps, Ménard reste à Aïn-Sefra pour tenter de réparer son avion, sans succès. Jolain, chef de l’échelon roulant, part de Tunis pour attendre ses camarades, mais est porté disparu près de Mahrès. Secouru par un pêcheur, il est conduit à terre, mais son avion reste endommagé sur l’île de Zeira.
OFF 2870 kilomètres ont été parcourus en 43 heures de vol, un exploit pour l'époque. Cependant, les espoirs d’exploration du Sahara par avion sont déçus en raison de la fragilité des appareils et de la fiabilité insuffisante des moteurs. Ce raid n’a été possible que grâce au convoi automobile qui préparait les escales.
Source : Alger-roi.net