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Chapitre 7 : Record du monde d’altitude

AVIATEUR : ROLAND GARROS ET GEORGE MADON, FILS DE PAYS

AÉROPLANE : Morane Saulnier type H, équipé d’un moteur Gnome
Période : du 29 NOVEMBRE 1912 au 11 DÉCEMBRE 1912


Ce nom célèbre est surtout connu des amateurs de tennis, pourtant, Roland Garros fut avant tout un grand aviateur. Né en 1888 à Saint-Denis de la Réunion, cet officier français, recordman du monde d’altitude à plusieurs reprises, réussit la première traversée de la Méditerranée dans les deux sens. Ces exploits eurent lieu en Tunisie suite à deux tentatives effectuées en 1912 et en 1913. On pouvait lire dans les journaux de l’époque une lettre aux Tunisois, signée de Roland Garros, où il disait :

« J’ai trouvé à Tunis du soleil, de la chance et de la sympathie, j’en tresserai un souvenir. »


Record du monde d’altitude

Roland Garros, accompagné de son manager Manselon et de ses deux mécaniciens Jules Huc et Pierre Schu, touche le sol tunisien le 29 novembre 1912, à bord d’un paquebot. Son avion, Morane Saulnier type H, équipé d’un moteur Gnome de sept cylindres rotatifs de cinquante CV et d’un autre de rechange de quatre-vingt CV, est amarré dans les soutes du bateau.

En décembre, Tunis bénéficie d’une température moyenne avoisinant les 12 °C. Garros n’était pas venu à Tunis pour faire du spectacle, mais dans le but de battre le record du monde d’altitude. Jouant sur la variation de la température, il espérait gagner au moins 2 000 mètres par rapport à l’Europe.

Son manager, Manselon, obtient la permission d’installer un hangar démontable à l’hippodrome de Ksar Saïd, où la piste de course des chevaux est transformée en piste de décollage et d’atterrissage.


La tentative du 5 décembre 1912

Le jeudi 5 décembre, Garros effectue un vol d’essai, survolant la ville arabe sous les youyous des femmes tunisiennes. L’après-midi, devant une foule considérable, il tente deux vols successifs pour battre le record d’altitude. Cependant, le mauvais fonctionnement de son ballon d’oxygène et l’intensité du froid l’obligent à interrompre son ascension.

Il raconte qu’en 1911, lors d’un vol en Normandie, il avait atteint -30 °C, ce qui avait gelé son bras et manqué d’air. Cette fois-ci, il emporte davantage d’oxygène pour affronter les conditions difficiles.


Un triomphe le 11 décembre

Le 11 décembre 1912, Garros décolle dans un ciel clair. Après 1h26 de vol, il atterrit triomphalement, criant : « Je l’ai ! ». Le barographe indique une altitude record de 5601 mètres, atteinte entre Carthage et Bizerte.

La Tunisie partage ce triomphe, offrant ses conditions climatiques idéales à cet exploit historique. Le héros est célébré lors d’un banquet offert par le Résident Général et fait chevalier du Nichan El-Iftikhar par le Bey.


Ce moment, inscrit dans l’histoire de l’aviation, témoigne de l’ingéniosité et du courage d’un pionnier.